"L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation."

 Averroès, Philosophe, théologien rationaliste islamique, juriste, mathématicien

et médecin andalou de langue arabe du XII ème siècle.

 

Rabat

Atman

Il est 15h dans la médina de Rabat, capitale du Maroc.

On se promène dans les ruelles profitant des couleurs, des senteurs et du calme qui règne.

 

Nous sommes le lundi 7 novembre 2011, c’est le deuxième jour de l’Aïd-al-kabïr. Hier, les ruelles grouillaient de passants et de moutons. Aujourd’hui, les magasins sont fermés et les familles se sont rassemblées dans leur maison pour célébrer la fête la plus importante de l’Islam. La vie dans les rues reprendra demain.

 

En attendant, avec mes amis, on commence à avoir faim !

On se faufile dans une énième petite ruelle, encore une voie sans issue.

 

Un jeune homme se présente alors à nous, il s’appelle Atman.

Il nous confirme que tous les magasins sont fermés et nous ouvre sa porte. Il nous invite chez lui pour partager le mouton de l'Aïd.

 

Il a le même âge que nous et partage beaucoup de points communs avec mes compagnons de voyage. Rapidement les conversations tournent autour du foot, du reggae et des films d’action. Je les écoute d’une oreille distraite. Je ne partage pas les mêmes goûts et mes connaissances à ce sujet sont quasi nulles.

 

Mes amis prennent petit à petit leurs repères. Et moi, je n’ai rien à dire, alors je regarde le décor autour de moi. Cette maison est ce que l’on appelle un riad. Une maison traditionnelle axée vers l’intérieur. C’est grand, c’est beau, il y a plusieurs étages et une cour intérieure.Le sol est carrelé dans les tonalités bleues, et grimpe par endroits sur les murs beiges à hauteur de bassin. Dans le salon où nous sommes,  les fenêtres sont rares nous permettant de profiter d’un peu de fraîcheur. Un peu plus au fond de la pièce, des colonnes annoncent la direction de la cour intérieure.

 

Je n’irai pas plus loin dans la visite de cette demeure, nous resterons dans cette pièce.  

 

Alors j’écoute mes compagnons et mes pensées vont vers ceux qui, n’ouvrant pas leurs yeux et leur cœur, confondent les frontières géopolitiques avec celles de l’esprit. Ce jour-là, l’étrangère, c’est moi. Ce jour-là, la différence de culture a plus attrait à l’éducation rurale ou citadine qu’à un pays.

Sahara Occidental