La Bretagne, ça se gagne!

Mercredi 7 septembre, on part du mouillage de Guernsey. On va à Morlaix récuperer le matériel nécessaire pour réparer la pompe des WC. La délivrance est dans 70 nm (mille nautique). Si le vent se lève et que le courant est avec nous, il nous faudra environ 14h pour y arriver. Alors on prend le temps de bien manger pour nous donner des forces.

 

A 21h, on remonte l’ancre et on contourne l’île par l’Est. Manu prend le premier quart au moteur car le vent est trop faible. Pierre prend le relais à minuit. Une heure plus tard le vent se lève et s’établi force 6. On prend un ris sur la grande voile et 2 sur le genois pour stabiliser un peu le bateau. Le pilote automatique n’aime pas trop le près, alors on barre pour essayer de suivre au mieux notre cap.

 

Pour Mic, qui prend le quart suivant, c’est pas évident de surfer sur les vagues et de suivre le cap tellement il fait nuit. Il lui est même difficile de lire les appareils électroniques. Pour moi, qui prends le relais à 6h, c’est plus facile car au bout d’une heure le jour se lève et je peux anticiper les plus grosses vagues.

 

Le cap est difficile à tenir car le courant et le vent nous donne un peu de fil à retordre. Heureusement de temps en temps on se prend quelques bonnes grosses vagues sur la tête. C’est froid, c’est salé, c’est surprenant ça aide à bien rester concentré !

 

Il est maintenant 7h du matin, nous avons tous passé une nuit bien agitée. Et ce vent qui donne tout pour nous offrir un beau spectacle de houle, de vague et d’écume, s’acharne à venir du sud ouest, pile poil notre direction. Il nous reste encore 50 nm avant d’arriver à Morlaix et avec ce vent, on ne peut pas les faires en ligne droite. Alors avec le capitaine on décide de descendre en direction du sud au port de Lézardrieux. Un petit port breton dans la rivière du Trieux.  D’ici, Pierre prendra un bus pour rejoindre Morlaix et récupérer notre trésor !

 

Plus que 15 nm et on sera à l’abri du vent. Ca c’est ce que l’on croit ! C’est sans compter sur la puissance des courants bretons ! Le capitaine a oublié cette donnée capitale. On s’est donc retrouvé à revenir sur nos pas, la proue pointant pourtant vers le sud ! Ce n’est qu’à marée montante que le courant nous a permis de prendre enfin la direction de Lézardrieux où nous sommes arrivés affamés, épuisés mais plus intelligents !

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