Le dernier jour de la transat.

37 jours après avoir touché terre et 21 jours après avoir débarqué de Petit Prince, voici pour votre plaisir, une petite vidéo sur notre dernier jour de transat! 

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Cabo Verde - En Résumé

Ça fait déjà 2 semaines qu’on est parti du Cap Vert et on est quelques 2100 miles plus à l’ouest. On a passé beaucoup de temps sur la mer pour repenser à toutes les émotions vécues, les personnes rencontrées et les paysages adorées du mois précédent au Cap Vert. Après ces moments de réflexion, le Cap Vert mérite clairement un petit résumé de toute ces rencontres entre nous et pêcheurs, professeur de mathématique, guides divers, petit voyous amarreurs, professionnels amarreurs, policiers, douaniers, amis d’études Suisses, serveurs et serveuses, anciens marins, homme de la rue, vendeurs, gardes de port, etc.

 

Commençons par l’arrivée à Mindelo.

 

Après 7 jours de navigation entre les Canaries, nous voilà le 12.11.2016 au petit matin à l’approche de Mindelo.

 

Petit café du matin après un quart de nuit
Petit café du matin après un quart de nuit
Contournement avant d’arrivée au port de Mindelo
Contournement avant d’arrivée au port de Mindelo

A 8 h du matin, on est finalement au mouillage dans le port de Mindelo. Comme c’est une station de départ pour l’Arc (Rallye pour voilier), il n’y a plus de place au port et on doit faire nos petits travaux de réparation et de nettoyage au mouillage.

Travaux en haut du mat
Travaux en haut du mat

Les quelques jours qui suivent, on profite de Mindelo, avec son marché au poisson, ses marchés aux fruits et légumes, ainsi qu’un amas de petite cabanes où on peut trouver de tout, du téléphone portable au short, des casseroles aux chaussures. Très rapidement, on se met à apprécier le rythme capverdien : « Tranquille ! » est le mot phare. Tout se fait d’une manière ou d’une autre, mais surtout avec une tranquillité incroyable. On est très vite pris par ce mode de vie et on se repose tout en travaillant, tranquille.

 

Après, 3 jours au port, le matin tôt, je suis encore au lit sous le hublot ouvert, j’entends des petites voix et des petits pas sur le pont. Comme Mimie n’est plus au lit, je me dis qu’elle est en train de jouer doucement avec les enfants dehors. Mais alors là, je me trompe ! 30 secondes plus tard, il y a une ombre au dessus du hublot, j’ouvre les yeux. Je ne sais pas si je rêve, si je suis toujours sur Petit Prince ou quoi comment… Il y a Marcel, ami de très longue date et Tim copain d’études qui ont leurs têtes dans le petit carrée de l’hublot. La surprise de Mimie, Pierre, Marcel et Tim est totale.

Des vieux amis réunis
Des vieux amis réunis

Du coup, ce petit groupe d’amis fait une petite journée de visite de Sao Vincente en prenant un Aluger pour aller de l’autre côté de l’ile sur une belle plage. Le lendemain, c’est le départ direction Santo Antao. L’île la plus au Nord-Ouest de l’archipel, avec au programme 2 jours de randonnée, car c’est l’île dite la plus verte avec Brava.

 

J’avais déjà regardé différents trajets à faire et j’avais préparé un petit programme pour les jours à venir. Pour 2 ou pour 4 c’est tout aussi intéressant. A l’arrivée à Porto Novo tout le monde descend à terre pour aller faire un tour et on a acheté une carte de randonnée. On en profite directement pour se renseigner aussi sur les Alugers, parce que pour arriver au point de départ de la première journée, il faut environ 1h de route en voiture.

 

Mais stop, on ne va pas sauter trop vite et reprendre les évènements un après l’autre.

 

Le jour même donc, on se balade un bon moment dans les rues de Porto Novo. Une petite ville sans trop de charme. On a l’impression qu’elle existe juste parce qu’il y a le port pour les féries. Malgré ça on tombe sur un petit coin de paradis. Un petit restaurant dans une rue perpendiculaire à la côte, à mi-chemin entre le port et la place principale de la ville. Le restaurant a une magnifique terrasse ombragé peinte avec beaucoup de soins par son propriétaire Giorgo et des artistes locaux. On se pose avec lui et on boit un petit Grogue (alcool local) tranquille en jouant aux cartes. Après une ou deux heures c’est le rendez-vous pour retourner à bord de Petit Prince. Et là…

 

Couchée de soleil à Porto Novo
Couchée de soleil à Porto Novo

…on profite un moment de ce magnifique couchée de soleil. C’est à ce moment là qu’on tombe sur un monsieur très sympa et on discute un moment avec lui. Il s’avère que c’est un guide de l’ile et il a aussi un Aluger. Contrairement aux chauffeurs et guides à la sortie du port, il était très discret et ne voulait pas à tout prix nous vendre ces servies. Du coup, après deux, trois minutes de négociations, le marché est conclu et on a rendez-vous avec lui le lendemain matin à 8h30 pour qu’il nous amène en haut à la Cova de Paul, le point de départ de notre randonnée.

 

Une fois arrivée sur Petit Prince on profite du cadeau de Marcel et Tim : une vrai fondue Suisse.

 

Fondue à bord de Petit Prince
Fondue à bord de Petit Prince

Après une bonne nuit de sommeil, c’est le départ pour deux jours en montagne et au bord de la mer. On vous donne quelques points de l’itinéraire avec la carte, mais on laisse surtout les photos parler de ces jours passés en très bonne compagnie de nos amis :

 

8h30 départ Porto Novo pour Cova de Paul en Aluger

9h30 départ Cova de Paul direction Pico da Cruz à pied

 

A mi-chemin entre Cova de Paul et Pico da Cruz on descend dans la Cabo da Ribeira. Une grosse descente jusqu’au Chã de Fazenda qui ne passe pas inaperçu pour nos jambes. Ensuite, on descend la Figueiral de Paul jusqu’à Eito où on arrive milieu d’après-midi pour boire un verre et faire une petite pause.

 

Voilà quelques photos de cette randonnée :

La carte de randonnée avec des annotations
La carte de randonnée avec des annotations
Vue sur Figueiral de Paul
Vue sur Figueiral de Paul
Plantations en terrasse à Chã de Fazenda
Plantations en terrasse à Chã de Fazenda
Vue sur Cova de Paul
Vue sur Cova de Paul
Les amis
Les amis
Vue sur Chã de Fazenda
Vue sur Chã de Fazenda

17h00 arrivée à Vila das Pombas

 

Bien fatigué et avec un petit creux dans le ventre on s’arrête pour grignoter un morceau de pizza. On se renseigne pour dormir sur place et le serveur très sympa essaie de nous trouver des plans. Mais malheureusement c’est un tout petit village et tout est plein. On réfléchit à comment faire et on est prêt à dormir dehors, même si la pluie menace. Du coup, un autre exemple de la gentillesse capverdienne : Le serveur reviens vers nous et il nous dit qu’il a discuté avec un chauffeur d’Aluger qui attend devant le Bar. Le chauffeur à des idées de logement dans des pensions pas chères dans la prochaine ville de Ribeira Grande. Après quelques négociations de prix, on se met d’accord. Après une petite demie heure en minibus, on arrive à Ribeira Grande, où le chauffeur nous amène dans la première auberge. Malheureusement, les prix sont plus élevés que prévu et on refuse. Donc départ direction la deuxième pension, où personne est présent. Ainsi de suite, on fait quelques portes sans succès, trop cher ou personne qui ne répond. Mais le chauffeur, tout tranquille, comme il se doit au Cap Vert, nous suit, nous conseille et nous aide. On arrive à une porte avec un petit mot : « Je suis de retour sous peu ». Alors, on décide d’attendre et on veut payer le chauffeur en lui disant qu’on ne veut pas qu’il perde son temps en attendant avec nous. Là, une autre surprise, il n’y a rien à faire. Le chauffeur reste pas loin et il se renseigne même pour savoir où la dame pourrait être. Ceci avec succès, il vient nous dire qu’elle est à l’église et qu’elle va donc revenir dans environ 1h. On le remercie et on décide d’aller boire un verre dans un bar à côté. On réessaye de le payer, mais toujours rien à faire. Il insiste à ce qu’on aille boire un verre et qu’il vienne nous dire quand la propriétaire est de retour. Donc quelques parties de cartes plus tard, on entend un klaxon devant le bar. C’est notre bien aimable chauffeur. Avec Mimie, on va vite chercher les clés de nos chambres. En même temps, on profite pour fixer un rendez-vous avec notre ami de l’Aluger pour le lendemain matin.

 

En revenant au bar, on découvre qu’il y a une belle cour intérieure où on accède en passant par les cuisines. Du coup on décide de manger un bon plat avant d’aller finir la soirée sur le balcon d’une de nos chambres à jouer au cartes et boire un dernier digestif.

 

Le lendemain matin, comme prévu notre chauffeur nous attend de pied ferme à 8h30 du matin devant la porte de la pension. Le programme était le suivant :

 

8h20 Départ de la chambre parce qu’il faut bien 10min pour descendre les 4 escaliers avec les courbatures du jour précédent.

8h30 Départ Ribera Grande

9h45 Arrivée Chã de Igreja

10h00 Départ direction Cruzinha de Garça – Chã de Mar – Corvo – Fontainhas – Ponta do Sol

17h00 Arrivée Ponta do Sol

 

Ci-dessous quelques impressions de ce jour :

Passage de Cruzina de Garça
Passage de Cruzina de Garça
Chemin de la cote
Chemin de la cote
Chemin de la côte…
Chemin de la côte…
Des gorges, des cuves, des vallées…
Des gorges, des cuves, des vallées…
Vue sur la vallée de Corvo avec ces terrasses de cultures agricoles
Vue sur la vallée de Corvo avec ces terrasses de cultures agricoles
Vue sur Fontanihas construit en surplombant les falaises
Vue sur Fontanihas construit en surplombant les falaises
Chemin de la côte
Chemin de la côte
Village abandonnée ou pas finie ?
Village abandonnée ou pas finie ?
… une construction très impressionnante !
… une construction très impressionnante !
Des ânes, un service de sauvetage ou surveillance ou peut-être du transport public ?
Des ânes, un service de sauvetage ou surveillance ou peut-être du transport public ?
Village de Corvo
Village de Corvo
Fontanihas de l’autre côté
Fontanihas de l’autre côté

Une fois arrivés à Ponta do Sol, on est bien fatigué et dans un premier temps il y a un silence qui s’est installé. On est tous dans nos pensées tellement on est émerveillés par ce qu’on vient de voir ce jour là. Après quelques instants, il y a quand même la réalité qui nous reprend et on commence à chercher un logement. En un premier temps ça parait assez compliqué parce qu’il y a pas mal de bus de touristes qui arrivent de partout. Mais après une heure de recherche on trouve finalement une pension pour passer la nuit.

 

Une fois posé nos affaires, il y a nos estomacs qui nous rappellent l’effort qu’on a fourni la journée et il faut qu’on trouve un endroit pour manger. Mimie, très douée pour ce genre de recherches, nous trouve un joli restaurant avec une patronne très chaleureuse. L’accueil et la nourriture sont excellents et en plus de ceci on a droit à un concert live d’un groupe local. Donc une très belle fin de journée qui s’accorde parfaitement avec ce qu’on vient de vivre.

 

Le lendemain matin, après le petit-déjeuner on part à la recherche d’un Aluger. On apprend que de Porta do Sol il n’y a pas de Aluger direct pour Porto Novo, il faut qu’on change à Ribeira Grande. Finalement, ce n’est pas un problème parce qu’une fois que le premier chauffeur nous dépose à la station intermédiaire, il y a notre ami Aluger des jours précédents qui vient tout de suite à notre rencontre et nous amène à Porto Novo.

 

Une fois arrivée, on passe un moment sur la terrasse de Giorgo pour nous remettre de toutes ces émotions et préparer l’étape suivante : « Navigation de nuit avec les amis direction Praia »

 

Du coup une fois retourné à bord de Petit Prince, on prépare notre départ. La navigation des prochaines 48 heures s’avère être une sacrée expérience pour nos deux amis Suisse. Pour l’un c’est le plaisir de naviguer avec des vents forts, pendant que pour l’autre c’est plutôt un moment qu’il passe à l’horizontale. Ce qui est sûr c’est que c’était une belle fin de cette visite surprise. Une fois arrivée à Praia on amène Marcel et Tim à Terre pour qu’ils prennent leur chemin direction l’aéroport.

 

Je tiens à vous remercier d’être passé c’était vraiment un moment inoubliable !

Merci !
Merci !
Merci !
Merci !

Après ce temps de repos et de visite, il falait qu’on reprenne un peu le travail. On doit continuer de préparer Petit Prince pour la traversée. Comme on est dans la capitale du Cap Vert on profite pour faire les achats nécessaires avant de continuer notre route.

 

Une fois les provisions faites, on part très rapidement direction l’ancienne capitale du Cap Vert : Cidade Velha. Parce que tout le monde (ou presque) à bord de Petit Prince préfère les jolis petits villages de pécheurs à la grande ville bruyante et polluée.

Cidade Velha
Cidade Velha

Une petite anecdote sur le mouillage dans la baie de Cidade Velha. Avant de partir on a essayé de se renseigner sur la possibilité de mouillage. La seule chose qu’on a trouvé c’était que c’est une jolie baie et que « certains voiliers disent avoir mouillé à cette endroit ! »… Effectivement, ceci n’est pas tout à fait rassurant, mais comme on aime bien l’aventure avec notre capitaine on décide de le tenter. Voilà le résultat vu d’en haut de la colline :

Quelques mètres des roches Petit Prince au mouillage
Quelques mètres des roches Petit Prince au mouillage

Ceci ne nous a pas empêché de continuer les travaux sur le bateau et à terre ça n’empêchait pas non plus les pêcheurs à continuer leurs journées habituelles :

A bord…
A bord…
… à terre
… à terre

Même au petit restaurant de la plage le repas de midi se balade tranquille entre les tables comme si on n’était pas là :

Plat du jour : « Poulet – Frites »
Plat du jour : « Poulet – Frites »

Evidemment, le jour du départ approche comme à chaque fois. Après une dernière balade dans la ville, on retourne sur Petit Prince et on se rend compte qu’il s’approche dangereusement des « petits » rochers au milieu de la baie. On décide donc de partir rapidement pour la prochaine destination : « Fogo – l’ile du Volcan »

Au revoir !
Au revoir !

Les vents nous sont favorables et on avance très bien la nuit. Après 12h de navigation nocturne, on se trouve face à un magnifique levé du soleil :

Good morning World !
Good morning World !

Avec le majestueux volcan de l’autre coté :

Fogo !
Fogo !

On approche le port de Sao Filipe, en sachant que l’amarrage ne va pas être très facile. En faite, il n’y a que très peu de place et des forts vents obligent les bateaux à mettre l’ancre et ensuite deux amarres arrières à terre. Mais à peine on entre dans le port qu’il y a un nageur redoutable qui s’approche de Petit Prince et qui monte à bord pour nous aider avec deux « copains ». Toute la manœuvre s’avère plus que compliquée. Parce que d’un côté les soi-disant amarreurs professionnels nous amènent d’abord à quelques mètres de la plage ou finalement on avait plus que 60cm de fond sous la quille. Autant dire que ce n’est pas une solution ! Donc on relève l’ancre pour aller à un deuxième endroit entre des bateaux, ce qui n’est pas facile car le vent nous déporte fortement et comme en plus on doit faire l’approche en marche arrière, ça nous aide en rien. Bravo Pierre de garder le calme et la vue globale et énorme Bravo à Mimie qui est à la barre à ce moment là, pendant que moi je suis à l’avant en train de gérer seulement l’ancre. Après plusieurs essaies, on a enfin réussi et on est très content de pouvoir enfin se poser boire un coup après ce gros moment de stress.

 

Le lendemain, on fait un tour à Sao Filipe, une très jolie ville colorée et pleine de charme. On se renseigne pour aller au point le plus haut du Cap Vert : « Le Volcan de Fogo - 2829m ».

 

Sao Filipe
Sao Filipe
Sao Filipe
Sao Filipe
Sao Filipe
Sao Filipe
Sao Filipe
Sao Filipe
Sao Filipe
Sao Filipe

L’acensions du Pico de Fogo commence dans le petit village Chã de Caldeiras. C’est à environ 2h de voiture depuis le port de Sao Filipe et il fallait qu’on trouve un Aluger. Après quelques renseignements avec différents chauffeurs et quelques petites négociations, on a pu prendre rendez-vous avec un Aluger pour le lendemain matin à 7h00 au port et du coup on se couche de bonne heure pour être prêt à cette montée assez dure.

 

Le lendemain matin à 7h00 on est au point de rendez-vous, mais on est seul. Après 20min d’attente il y a notre chauffeur qui arrive, mais il nous explique que finalement, ce sera un copain à lui qui va nous amener parce que la route est trop rude pour son pickup. Ceci amène à de nouvelles négociations de prix etc. Mais finalement on se met en route. Le nouveau chauffeur très sympathique amène en même temps deux copains pêcheurs chez eux, ensuite il faut qu’il passe voir son patron pour prendre un pneu de rechange au cas ou. Et pour finir, comme ce n’était pas prévu qu’il passe toute sa journée loin de ça famille, il faut qu’il passe chez lui pour prévenir sa femme et sa mère. Comme ça fait un moment qu’on est au Cap Vert on profite de ces moments très rigolos et conviviaux. Une fois en route tout se passe bien, à part un petit détour sur l’arrivée du village. La dernière éruption à complètement englouti la route principale. Il faut donc maintenant faire un détour sur les bords du cratère. Une fois à l’entrée du village, on se rend compte que chez eux le dimanche n’existe pas du tout. La vie est très dure. Les hommes cassent des cailloux pour reconstruire leurs maisons qui ont étaient détruites par les dernières éruptions. Malgré ceci, à notre approche, notre chauffeur demande s’il y a un guide de disponible et ça ne dure que quelques minutes avant qu’un jeune homme arrête son travail dans une carrière et vienne nous voir. On se met très vite d’accord sur le programme, on passe chez lui à la maison pour déposer Manu et Aurore, il prend ses affaires de randonnée et on part, Mimie, Pierre, Corentin et moi pour cette ascension. A nouveau on laisse parler les photos :

On arrive bientôt…
On arrive bientôt…
… oui bientôt…
… oui bientôt…
Une petite maison au milieu d’un champ de lave – Pico de Fogo
Une petite maison au milieu d’un champ de lave – Pico de Fogo
La vue d’en haut !
La vue d’en haut !
La vue dans le cratère
La vue dans le cratère
… ou presque …
… ou presque …
Ah un volcan en vue !
Ah un volcan en vue !
Petit coin de paradis au milieu d’un cratère immense
Petit coin de paradis au milieu d’un cratère immense
La vue d’en haut !
La vue d’en haut !

La monté s’avère quand même assez dure même pour des gens habitués à la montagne et par endroit il faut pas mal escalader les rochers pour trouver des petits passages presques invisibles. Du coup pour Corentin c’est un effort très poussé. Le seul qui est très tranquille et qui monte sans problème c’est évidemment Wander, notre guide. A ce moment là on se dit que c’est normal, il est né ici et il monte au Pico depuis qu’il est petit. Par contre au moment ou il prend Corentin sur ses épaules et qu’il escalade avec un pied très sûr et sans aide de ses mains des passages ou limite en Europe le guide demande à ce que tout le monde soit attaché… Impressionnant !

 

On prend notre temps comme d’habitude au Cap Vert (je pense vous avez compris). On discute pendant toute l’ascension avec Wander qui est très sympa et nous renseigne sur la vie en général de son village. Après 3h on atteint le sommet et on fait une pause pique-nique. Moi, de mon côté, j’appréhende un peu la descente. Comme elle est très raide et que j’ai vite mal au genou. Mais en faite, ces soucis étaient absolument inutiles. Parce qu’après 30 minutes de retour sur nos pas, on change de route et on arrive sur de très belles pentes en sable volcanique, et là tout le plaisir commence. On dévalle les pentes comme des pentes de neige dans les Alpes. En faite, on fait du ski avec nos chaussures de randonnée et au bout de 45 minutes on arrive à nouveau en bas du volcan.

 

Après avoir retrouvé notre chauffeur, on passe récupérer Manu et Aurore, on fait une petite dégustation du vin local et on reprend route pour Petit Prince.

La dernière destination avant la traversée est Brava, l’île la plus au Sud-Ouest de l’archipel. On va au mouillage à Furna, où il faut faire la même manœuvre qu’a Porto Novo, mais cette fois-ci avec le conseil d’Alberto qui est un vrai professionnel et du coup ça n’a même pas duré 30 minutes et tout était en ordre.

 

Brava est comme Santo Antao, très vert. Et la capitale Vila Nova Sintra est la ville avec le plus de fleurs de l’archipel. Malheureusement, on a été très limité au niveau électricité et du coup on ne pouvait plus faire de photos.

 

Mais on a quand même une dernière anecdote à vous raconter. L’avant dernier soir, on passe une très belle soirée à terre à boire un verre avec des locaux. Des bonnes discussions avec anciens marins et un professeur de mathématique. Ce dernier nous invite pour venir manger chez lui le lendemain à midi. Une invitation qu’on accepte avec grand plaisir. On va donc se coucher à bord de Petit Prince en ayant hâte d’être le lendemain à 13h00, l’heure de rendez-vous qu’on s’est donné. Jusqu’à ce que le matin tôt, il y a beaucoup de bruit à l’extérieur et Pierre vient nous réveiller parce qu’il a besoin de la télécommande pour l’ancre en urgence. A ce moment, on sort nos têtes de notre hublot et on voit à quelques petits mètres de Petit Prince, un géant paquebot qui essaye avec de la peine à se mettre à quai. Sur son chemin il écrase un petit bateau à moteur voisin. Une fois le bateau amarré Pierre va discuter avec le policier qui veut qu’on soit parti avant que le paquebot reparte. Donc la mauvaise nouvelle est qu’à 14h00 on doit impérativement lever l’ancre, ce qui nous laisse plus qu’une petite heure pour aller manger chez notre copain du soir d’avant. Une fois retrouvé notre hôte à 13h00 on lui explique l’histoire. On est assez gêné parce que sa sœur nous a préparé un vrai repas de fête et on voyait quand même la déception sur son visage au moment où on lui annonce la mauvaise nouvelle. Mais la vie prépare des bonnes comme des mauvaises surprises, alors il faut faire avec et on profite à fond de ce petit moment de bonheur avant de partir pour un long moment en mer.

 

Il nous reste plus qu’à dire MERCI à tout les gens qui nous en rendu ce mois au Cap Vert tellement magique ! On va surement revenir pour des nouvelles aventures.

 

Mic

 

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De Viana do Castelo à Praia

Du Portugal au Cap vert en passant par les Canaries, voici nos aventures en photos #2.

 

Profitez bien et n'hésitez pas à visiter ces îles aux paysages riches et variés.

 

Ciao

 

Mimie & Mic

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Du Havre à Viana do Castelo

Après vous avoir raconté une partie de nos aventures par l'écrit, voici un petit moment de détente en image.

 

En attendant de nouveaux textes, profitez bien des photos, et laissez-vous aller à rêver sans limites de vos prochaines aventures.

 

Ciao

 

Mimie & Mic

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Le quotidien

Samedi 29 octobre 2016

 

 

Imaginez-vous que, depuis la rentrée des classes, on navigue sur l’Océan Atlantique.

 

Ça en fait des jours à bord de Petit Prince, à se faire balloter par les flots et à vivre dans un espace grand comme un mouchoir de poche.

 

À bord, les biceps travaillent dur et l’équilibre est roi. Qu’il y ait tempête ou pétole, ça bouge toujours un peu. À force, on ne s’en rend plus compte, notre corps se rééquilibre tout seul, mais pas toujours ! Quand on est derrière la barre, on peut facilement anticiper. Mais quand on a besoin de prendre des seaux d’eau dans l’océan, il faut toujours faire attention à ne pas passer par-dessus bord. C’est pas toujours facile quand la houle nous ballotte dans tous les sens.

Alors pourquoi on s’entête à remonter des seaux d’eau ? Il faut savoir qu’en plein milieu de l’océan, l’eau douce est précieuse. Pour boire on prévoit des bidons d’eau, à savoir 1,5 litre par jour, par personne. Et pour le reste, nos cuves contiennent 460 litres. Mais on ne tiendrait pas une semaine si on s’en servait pour faire tout ce qui nécessite de l’eau.  Pour faire la cuisine et la vaisselle, pour nettoyer le bateau, pour la chasse d’eau, pour se laver les mains, les dents, se doucher, dans beaucoup d’actes de la vie quotidienne on utilise de l’eau. Alors à bord, dès qu’on peut, on utilise l’eau de mer. Par exemple, on lave la vaisselle à l’eau de mer et on rince à l’eau douce, pareil pour la douche. Et si on fait bien attention, on peut tenir un mois avec les réserves. Et il faudra bien, parce que pour la grande traversée, on doit compter environ 3 semaines.

 

Trois semaines sans toucher terre ! C’est l’ennui assuré, la galère ! Vous êtes nombreux à nous poser la question. À terre pour beaucoup de monde il est difficile de passer des heures assis à regarder l’horizon. On s’ennuie, on bouge, on lit, on regarde un film, on joue, mais on ne reste pas planté des heures, comme ça, assis, à regarder devant soi.

En mer la notion de temps semble différente. Quand on commence à regarder l’horizon, on peut tenir des heures sans s’en lasser.

Il y a tout d’abord les vagues et la houle qui modifient en permanence le paysage. Puis le ciel avec les nuages, les étoiles, le soleil et la lune qui lui donne chaque fois un aspect différent. Et surtout il y a les animaux.

Plus on s’éloigne de la côte, plus les oiseaux se raréfient. Au contraire, il y a de plus en plus de dauphins et autres cétacés. On ne s’en lasse jamais.

Et puis il y a les poissons qu’on espère voir dans notre assiette. On a d’ailleurs perdu beaucoup d’hameçons à essayer de pêcher notre diner. Mais avec le temps vient l’expérience. Dorades, thon, bonites et une espèce qu’on n’arrive pas encore à identifier, sont venus remplir nos estomacs plusieurs fois.

 

Pendant ce temps, la vie continue, les tâches du quotidien aussi. À tour de rôle on est à la barre, on fait la cuisine, la vaisselle et le ménage. Et puis il faut s’occuper des enfants, on passe beaucoup de temps à jouer avec eux. Notre jeu préféré c’est le UNO, de jour comme de nuit, on y passe des heures. Corentin adore ça et nous aussi. Pour Aurore c’est encore trop tôt. Ce qu’elle aime c’est les chansons, mettre les cordes à la bouche et essayer de tenir debout.

 

Au final il nous reste peu de temps pour nous reposer en prévision des quarts de nuit.

 

Pour vous l’expliquer, imaginez que Petit Prince est un petit château fort. Autour il y a un chemin de ronde que de petits soldats parcourent à chaque instant. Ils sont aux aguets pour prévenir toute attaque.

À bord nous surveillons les bateaux pour éviter une collision et nous adaptons notre cap et nos voiles en fonction du vent. Lorsqu’on arrive près des côtes il faut aussi surveiller la hauteur des fonds marins pour éviter de s’échouer, car, parfois, ils remontent très vite. Et Petit Prince a un tirant d’eau de 2 mètres.

Et surtout, la plupart du temps nous sommes à la barre, car le pilote automatique consomme de l’énergie. Et si nous n’allons pas assez vite et s’il n’y a pas assez de soleil, les batteries ne se rechargent pas. En plus il n’est pas aussi doué qu’un humain pour remonter au près ainsi que pour s’adapter aux forts vents.

 

Alors depuis que nous sommes partis, nous prenons notre ronde chacun notre tour pendant 2 à 4 heures de jour comme de nuit.

 

 Jour1

2h

5h

8h

10h

14h

16h

18h

20h

23h

Manu

Q

 

 

C

Q

 

 

V

Q

Pierre

 

Q

 

 

V

Q

 

 

 

Mimie

 

 

Q

 

 

E

Q

 

 

Mic

 

 

 

Q

 

 

C

Q

 

Jour2

                 

Manu

 

 

 

Q

 

 

C

Q

 

Pierre

Q

 

 

C

Q

 

 

V

Q

Mimie

 

Q

 

 

V

Q

 

 

 

Mic

 

 

Q

 

 

E

Q

 

 

                   
   

Q: quart

C: cuisine

V: vaisselle

E:

entretien

       

 

Ce tableau continu dans la même logique et tourne équitablement sur 4 jours.

 

Mais comme chacun le sait, il y a plusieurs catégories de soldats comme d’équipiers.

Il y a ceux sur qui tu peux compter et quand ils font leur ronde tu peux dormir sur tes deux oreilles. Les grands et forts compagnons, sur qui tu reposes toute ta confiance, et auprès de qui tu te rassures quand les vents se lèvent. C’est un de leurs moments préférés. Ils se préparent tout joyeux à jouer avec le vent. Et quand tu as un peu peur, tout seul à la barre, dans le noir, tu penses à eux, à ce qu’ils feraient et tu deviens courageux.

 

Et il y a le boulet.

On se demande bien comment il est arrivé là ! Je crois que c’est comme dans les livres. Le chef propose une mission. Puis il dit « que les volontaires avancent d’un pas ». Hors cette mission n’est pas très ragoutante. Personne ne veut se lancer. On regarde à droite à gauche, personne ne bouge. Tout à coup tout le monde recule d’un pas. Ne laissant qu’une seule personne devant. Pas besoin d’en dire plus, vous avez compris le caractère du personnage.

 

Alors après presque deux mois d’essai, il s’avère irréfutable qu’en réalité nous ne sommes que 3 personnes responsables à bord. Nous sommes donc en train de changer le planning pour nous partager les quarts de nuit à trois. Le temps de repos sera plus court mais plus sûre. Pour le reste des taches, c’est l’affaire du capitaine de motiver son équipier.

 

Contrairement aux soldats nous n’avons pas d’armure. Quand il fait froid ou quand il y a une tempête, on a une salopette qui monte jusqu’à la poitrine et une grosse veste. Mais maintenant le plus souvent, on est en short et t-shirt. Fini de s’encombrer, déjà le maillot de bain est maître à bord. Seul le gilet de sauvetage n’est pas en option quand il fait nuit.

 

Vous souvenez-vous du sauvetage de Lorenzo le nounours ? Si on tombait à l’eau de nuit ce serait beaucoup plus compliqué. Grâce au gilet de sauvetage, on a une chance de survivre pendant que le reste de l’équipage essaye de nous repêcher. Il s’éclaire quand il est dans l’eau, il y a un petit sifflet pour ne pas s’essouffler à crier, et bien sûr il nous permet de flotter.

Ça donnerait presque envie de se jeter à l’eau !

Sauf que la nuit, on ne voit pas bien ce qui va nous arriver dessus. Et parfois c’est une grosse vague qui vient nous réveiller. C’est salé, et pas vraiment agréable, alors on s’applique à en prendre le moins possible. Et pour ça quand il y a la lune c’est beaucoup plus facile. On peut les voir venir et agir en fonction. Faut dire que surfer sur les vagues en plein Atlantique avec un voilier de 14 mètres c’est fun !

 

 

Ciao

 

 

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Contretemps

Vendredi 14 octobre 2016

 

Après 11 jours de mer, prévus 5 à 7 à la base, les gens bêtes deviennent plus bêtes mais les gens intelligents ne deviennent pas plus intelligents !

 

Chaque remarque fait mouche, les susceptibilités s’accruent et la moindre personne qui ose dire : « oui mais moi j’ai fait ça », se fait rembarrer très très fort mentalement par tous les autres. Tellement fort qu’on peut lire sur les visages : « tu fais chier, tu crois pas que moi aussi j’ai fait ça et puis ça aussi ! » , « Moi aussi je suis fatigué ! »

 

Et c’est à ce moment que Corentin répond avec sa petite voix qui monte dans les aigus d’un garçon de 5 ans fatigué : « Non ! Je suis pas fatigué ! »

 

Le mot le plus précis pour nous décrire serait plutôt de l’ordre de l’épuisement. Un moral dans les chaussettes qui sont humides et bien rangées au fond du sac de linge sale. Parce qu’on se rapproche de l’équateur quand même. Presque plus besoin de la veste. Non, ce dont on a le plus besoin, c’est d’une bonne nuit complète de sommeil. On s’imagine fouler des terres nouvelles et se prélasser sur des plages de sable blanc. De plus en plus souvent, quand on voit les nuages bas, on les confond avec la terre.

 

Mais non, ce n’est toujours pas elle. On en était proche pourtant, plus que 150 nm. Et puis les vents ont forci dans la mauvaise direction. Une tempête s’annonçait et nous on allait au prés serré. Alors quoi ! On y va !  Madère, il paraît que c’est magnifique. Déjà qu’on n'a pas tout à fait profité du Portugal ! Vigo (Espagne), Porto, Lisbonne ? Elles nous sont bien passées sous le nez, ces villes, où on rêvait de prendre un petit déjeuner tranquille, en flânant dans les rues au son du fado. Dans le cul Lulu les journées découvertes le long de la côte Atlantique.

 

Mais c’est pas grave, y’a Madère en ligne de mire, et nous c’est notre escale tant attendue sur ce parcours. Et voilà t’y pas qu’on nous l’enlève aussi ! Alors je peux vous dire que ça pétarade dans les caboches. Y’en a des crises de nerfs intérieures, qui se contiennent encore de justesse. Plus que deux jours. C’est rien deux jours, quand ton rêve de Robinson Crusöé, ta soif de découverte, vient de te passer à l’Ouest sans que tu puisses même l’apercevoir.

 

Et puis ça nous fera une dizaine de jours supplémentaires aux Canaries. C’est pas comme si c’était l’archipel où, vraiment, si on y avait pas été, ça nous aurait pas dérangé. On avait même fait un planning où elle serait passée inaperçue, si y’avait pas un ami du capitaine qui avait prévu de venir le rejoindre là-bas quelques jours. En terme plus concret, on y arrive plus tôt, mais on en repartira pas plus tôt !

 

Bon, tout est relatif, on y est pas encore. Parce que faut bien préciser qu’on a dû descendre le génois à cause de l’enrouleur devenu défectueux. Problème résolu mais génois pas remonté à temps. Alors à la place on a mis un petit foc qui a fini par se déchirer après une nuit. Faut dire que les vents étaient tellement forts qu’on frisait la tempête. Donc impossible de mettre le grand foc. Trop de voilure. Le Spi n’en parlons pas. Voilà aussi pourquoi le capitaine a pris la décision d’oublier Madère et d’aller vers le Sud. Prendre les vents dans le cul plutôt que de face, c’est quand même beaucoup plus confort, voire même sécure, et surtout on avance, on reste pas dans le bouillon.

Alors on a remis le grand foc. Il faut préciser que lui aussi il n’est pas très en forme, mais bon on fait quand même une moyenne de 6,5 nœuds. Avec des jolies pointes à 8. La vitesse c’est grisant, ça fait plaisir. Certes, mais quand pendant la nuit une petite rafale à 30 nœuds apparents, donc un bon 37 réel te chatouille le Petit Prince, tu fais pas le malin. C’est que dans ces moments-là, la barre c’est plus tout à fait toi qui la diriges. Ca ne dure pas mais disons que sur des nerfs à vifs, c’est plutôt corrosif.

 

C’est du passé, n’en parlons plus. Il est 3h21 du matin, le pilote nous conduit plus ou moins de façon stable. Faut pas lui en vouloir on lui a réduit délibérement ses capacités. C’est qu’il consomme de l’énergie ce petit ! Et ici y’a pas encore tout le matos qui fonctionne. On attend le SAV de l’éolienne. Il faut choisir : conduire ou vomir. La deuxième option est la plus répandue. Au sens figuré bien entendu. Disons que la trajectoire n’est pas optimale mais vu nos états de fatigue, c’est pas dit qu’on soit beaucoup plus performant. C’est une façon d’économiser des forces.

 

Et puis maintenant on peut vous citer une bonne dizaine d’étoiles et de constellations. Si ça c’est pas la classe !

 

Allez sur les conseils d’Orion, je reprends ma veille.

 

Bonne nuit

 

 

 

 

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Sauvetage en mer

Jeudi 29 septembre 2016

 

 

Hier, nous avons fait plus qu’un exercice, mais un vrai sauvetage en mer.  C’était pourtant, à n’en pas douter, une des plus belles journées de navigation que l’on a eu depuis le début de notre aventure à bord de Petit Prince.

 

Commençons par le début. Nous sommes partis de Cedeira mardi après-midi avec l’espoir donné par les différents services de météo que nous aurions un vent de force 2 à 3, forcissant 4, venant du nord-ouest puis du nord. Le temps de sortir du mouillage, nous étions dans une brume qui rendait les plus hautes falaises d’Europe féériques. Mais au fur et à mesure des minutes le vent ne s’établissait toujours pas et nous nous sommes retrouvés dans le brouillard au moteur. La bonne nouvelle c’est que pour la première fois nous avons testé le radar et il fonctionne bien. La mauvaise, c’est qu’il consomme tellement d’électricité que le pilote automatique ne peut pas fonctionner en même temps.

 

Finalement, nous avons opté pour un mouillage abrité des vents d’ouest en nous fiant au seuls radar et GPS, nos yeux n’étant pas toujours assez puissant pour transpercer la nuit et les nappes de brouillard. Nous nous sommes endormis dans une crique, espérant que le vent se lèverait le lendemain.

 

Il est 9 heures, un petit toc sur le hublot de notre cabine : Pierre a senti le vent, il a besoin de la télécommande pour lever l’ancre. Celle-ci étant bien au chaud à mes pieds.

On se lève et on s’active. Autour de nous, des rochers de partout, merci au GPS, on peut vraiment se fier à lui !

 

Nous sortons de la petite crique avec une jolie brume qui rapidement se lève pour laisser place au soleil. On hisse le Spi et le vent est avec nous cette fois-ci. Nous avançons à une moyenne de 6 nœuds. La mer est calme, le soleil nous réchauffe, la côte est magnifique et Petit Prince glisse sur l’eau.

 

Alors avec Corentin on regarde l’horizon, Lorenzo dans ses bras. C’est son petit nounours. Depuis qu’on lui a fait faire la connaissance des notres, une girafe pour Mic, mon kiki un ourson riquiqui pour moi, il prend régulièrement le sien hors du lit.

Nous étions concentrés depuis un moment sur les vagues lorsque je me lève pour prendre des nouvelles auprès de notre meilleur barreur : Mic. A ce moment, Corentin qui n’aime pas beaucoup rester tout seul se lève et lâche le pauvre Lorenzo qui tombe à l’eau. Le temps que je comprenne ce qui se passe il était déjà trop loin.

 

Mais ce brave nounours flottait toujours. Pierre décide donc de lancer la procédure d’un homme à la mer. Moi et Corentin nous ne perdons pas Lorenzo de vu, Mic reste à la barre après avoir mis le moteur en route. Pierre va à l’avant pour reprendre le spi. Une fois fait, nous bordons la grande voile et l’artimon. Pendant ce temps Mic avait mis la marche arrière pour se rapprocher au plus près du naufragé. Une fois le bateau prêt, il relance la marche avant et va droit sur le nounours en suivant mes indications. Pierre attrape l’éprouvette et allongé sur le pont se penche au maximum pour rattraper Lorenzo lorsque nous serons sur lui. Par bonheur il l’attrape.

Lorenzo est sauvé. Corentin, bien éprouvé par ces quelques minutes qui lui ont paru interminables, ne sait plus s’il doit sourire ou pleurer. Alors, son père prend le nounours et lui fait un massage cardiaque, jusqu’à ce qu’il recrache l’eau de ses poumons. Corentin est rassuré et vient s’asseoir sur mes genoux quelques minutes, le temps de reprendre ses esprits.

 

Pendant ce temps, pas de minutes à perdre, on hisse le Spi, on règle les voiles et c’est reparti direction le sud avec la fierté d’avoir sauvé le petit Lorenzo.

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La vie à bord, Golfe de Gascogne

Jeudi 22 septembre 2016

 

Aujourd’hui, en direct du Golfe de Gascogne (45°06’ 616’’N/ 7°32'192’’W) , je m’adresse à tous ceux qui sont persuadés que l’on peut s’ennuyer à bord d’un voilier lors d’une traversée. J’espère qu’après ces quelques lignes vous comprendrez pourquoi je n’ai pas eu le temps d’écrire plus d’articles. Je suis également convaincue que même sans voir de photos vous imaginerez facilement la taille de mes cernes.

 

Voici maintenant 4 jours que nous n’avons pas touché ni aperçu la terre. Parti lundi matin après une course folle pour finir l’avitaillement avant de larguer les amarres à 10h nous n’avons pas été moins actifs depuis lors. Petite précision en ce qui concerne l’avitaillement : Mic et moi ayant eu un petit problème de réveil, on est parti au pas de course à 8h45 en direction de la superette située à 20 minutes de marche forcée, sacs à dos vides. On est rentré sur Petit Prince en même temps que Pierre qui revenait du magasin d’accastillage. Vous pourriez croire que l’on n’est pas organisé du tout. C’est pas faux. Mais essayez de vous rappeler une fois où vous êtes parti en vacances, en voyage ou en déménagement sans rien oublier ?

 

Il est 10h00, on saute à bord, on allume le moteur, on largue les amarres et c’est parti pour 400 nm de traversée en direction de la Corogne.

 

Une fois sorti du port et arrivé en eaux saines, Mic prend son quart à la barre, Pierre s’occupe de son fils, Manu de sa fille et moi je range les courses et fais la vaisselle du petit déjeuner que certains ont eu la chance de pouvoir prendre.

 

Il est maintenant temps pour moi de faire le repas du midi.

Il faut bien comprendre que cuisiner dans un bateau ou dans un appartement ne tient pas du même ressort. Premièrement l’espace est très réduit, voire riquiqui, deuxièmement l’eau est rationnée, troisièmement (et non des moindres) ça bouge, ça tangue, ça gîte !

 

Ensuite je prends mon quart à la barre, Pierre fait la vaisselle et les enfants réclament de l’attention. Ce jour-là il y a du vent. Après 4h à la barre Mic a attrapé froid il va donc se réchauffer dans la cabine et tâcher de se reposer un peu car la nuit nous avons également des quarts de veilles. Le pilote automatique est là pour nous aider mais il est indispensable qu’il y ait quelqu’un qui surveille régulièrement les alentours pour voir s’il n’y a pas d’autres voiliers ou cargos sur notre route, et agir en conséquence. Il arrive aussi parfois que le vent tourne, faiblisse ou augmente et le pilote n’est pas encore assez perfectionné pour gérer ça tout seul. Nous avons donc un planning ou les 24h sont répartis en quart de 2 à 4h, avec un roulement qui permet à chacun de voir de temps en temps le coucher et lever du soleil.

 

Chaque jour réclame également son lot de petites réparations. Un filet a réparer, un joint à recoler ou un hameçon à remplacer. Et puis il y a tout ce qui n’est pas indispensable mais qui rend la vie plus pratique ou qui prévient de futurs dommages. C’est ainsi pour tous les cordages qui s’effilochent et pour l’entretien général du voilier.

 

Et bien entendu à bord tout le monde ne réagit pas de la même manière. Il y en a qui, plein de bonne volonté se retrouve avec un mal de mer qui empêche toute autre activité que de barrer pendant 2 jours. Mic a d’ailleurs quelque peu maigri ! Et l’autre type de personne, moins dégourdi et sans réelle volonté de participer qui devient un fardeau supplémentaire.

 

Je résume : le bateau ainsi que les enfants réclament beaucoup d’attention ; le vent est instable ; cuisiner, faire la vaisselle où tout autre tâche ménagère prend beaucoup plus de temps et d’énergie qu’à terre, les nuits sont courtes et agitées, le sommeil est léger et les siestes indispensables .

 

 

Mais alors pourquoi on s’est lancé dans un tel projet ?

 

Parce qu’à coté de ça il est difficile de vous décrire avec des mots assez justes la beauté de l’océan, la diversité de ses couleurs et de ses formes. Il y a tant de nuances de bleu, tant de ciels différents que parfois on se sent sur une mer d’argent. Il arrive aussi qu’il soit tellement lisse que l’on croirait pouvoir marcher dessus. D’autres fois encore son agitation est telle qu’on se croit dans ces vieux films où le conducteur d’une voiture est tellement absorbé dans la discussion avec sa passagère qu’il ne regarde pas la route, on se rend compte alors que ce n’est qu’une image qui défile en fond d’écran.

Souvent on se retrouve dans cette impression d’irréel, comme dans un film, où la nature est tellement impressionnante qu’il est difficile de se croire dans la réalité.

 

Comment expliquer à quel point voir des dauphins ou autres céphalées peut remplir de joie. On passe des heures à les regarder jouer autour du bateau sans se lasser de leur beauté, de leur agilité et de leur grâce. A chaque fois qu’il y en a un qui fait un joli saut où qui passe très proche du voilier, il y a quelqu’un pour s’exclamer : « Regardez ils sont par là ! », « Wouah ! vous avez vu ils sont passés tout près ! », « Par ici, par ici, encore un ! »

 

Il est un bonheur tout aussi réjouissant qui est celui d’apprendre. Chaque jour, chaque heure de navigation nous en apprend plus sur les vents, l’océan et le voilier. Tester, expérimenter et prendre soin de sa petite maison sur l’eau est tout autant passionnant que gratifiant.

 

Bon vent

 

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Un peu de compagnie

Mercredi 14 Septembre

 

Aujourd’hui, on part d’Ouessant direction Camaret sur mer. L’objectif est de récupérer les cours du CNED de Corentin, réparer le génois qui s’est quelque peu décousu à force de faseiller au près serré avec un vent de force 5 à 6 dont des rafales à 30 noeuds, ainsi que de faire l’avitaillement en prévision de la traversée du Golfe de Gascogne. 

 

On est parti juste après le déjeuner, Mic a pris le premier quart avec beaucoup de houle et peu de vent. Une grosse navigation de 3h où ses muscles se sont raffermis encore un peu plus. Du coup il est allé faire une sieste juste après.

 

Pour que le repos du guerrier soit des plus réparateurs j’ai pris le quart suivant en faisant cap de plus en plus au sud. Ce cap permettant une allure de travers, la navigation est tout de suite plus agréable et le sommeil plus paisible.

 

Après une heure de navigation, le vent s’établit tranquillement force 5. Barrer devient plus intéressant. Le capitaine et son fils partent profiter des vagues à l’avant du bateau. Manu et Aurore se reposent dans le carré. Alors moi je profite du calme que procure le plaisir de tenir la barre seule avec les éléments. Je joue avec le vent et les vagues.

 

Tout à coup le vent s’intensifie, Pierre et toute sa petite famille reviennent près de moi. Mic dort toujours. En tout cas c’est ce que l’on croit. En réalité malgré la fatigue il n’arrive pas à dormir. Et il écoute les bruits du bateau. Lorsqu’un petit son qu’il n’arrive pas à identifier attire son attention. C’est comme des ondes aigues qui résonnent. Elles s’éloignent et se rapprochent régulièrement du bateau jusqu’à devenir de plus en plus précises. Sur le pont tout à coup un éclat général : des dauphins ! Je mets vite le pilote automatique en marche. Je cours sur le pont pour réveiller Mic à travers le hublot, mais je ne le vois pas. Il est déjà debout, il a compris que c’était des dauphins. Il se dépêche de s’habiller et monte admirer le spectacle avec nous.

 

Ils sont beaux, petits et d’un bleu profond. Ils sont gracieux et ils jouent autour de Petit Prince. C’est un moment de bonheur, une sensation de bien-être qui ne s’explique pas. Je comprends tout à fait leur pouvoir thérapeutique.

 

C’est aussi pour cela qu’on aime cette vie.

 

Vivement de prochaines rencontres. 

 

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Amarinage

Ce weekend le frère et la tante de Pierre voulaient nous rejoindre.

Pour ceux qui vivent sur le plancher des vaches, une heure et un lieu de rendez-vous sont nécessaires à leur organisation. Pour nous par contre, c’est un peu plus compliqué.

Comment prévoir précisément quelles seront la force et la direction du vent ? Comment savoir si on arrivera au bon moment dans les bons courants pour en profiter au mieux ? Comment être sûr d’arriver au port souhaité en temps et en heure ?

 

On étudie les cartes, les bulletins météo, l’almanach breton, les horaires des marées, la direction des courants et on agit en fonction. Mais vous avez bien vu ce qu’il s’est passé les jours précédents. Alors on choisit de ne pas aller trop loin. On prend la direction de Perros-Guirec.

Et finalement on se retrouve 5 nm plus à l’ouest à Port Blanc !

 

Une fois l’ancre jetée et Petit Prince stabilisé, on descend l’annexe et Pierre et Corentin partent récupérer leurs invités. Mais la soirée se termine vite, car, pour eux, la meilleure position c’est couché, les yeux fermés !

 

C’est sûr qu’après 10 jours de navigation on est amariné. Alors on en oublie à quel point ça peut être épuisant d’être bercé en permanence. Pourtant cette petite rade est très calme.

 

Le lendemain on remonte l’ancre et on prend la direction de Roscoff. On devrait y être en fin d’après-midi, pour l’heure de l’apéro. La famille de Pierre nous y rejoindra en voiture.

Et finalement on se retrouve à 5nm plus à l’ouest à Primel-Tregastel !

 

Et la soirée de la veille se répète en plus agitée encore. Les deux convives ne se sentent pas bien, le bateau bouge un peu plus. Alors on lève l’ancre pour aller la rejeter quelques mêtres plus proche du rivage… ou de l’échouage. Mais trop tard, ils sont déjà trop nauséeux.

 

C’est là qu’on se rend vraiment compte à quel point on est amariné. Aujourd’hui je vous écris de ce même port, bercée par le petit roulis du bateau sans une once de mal-être.

 

C’est bon on est prêt pour le Golfe de Gascogne !

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La Bretagne, ça se gagne!

Mercredi 7 septembre, on part du mouillage de Guernsey. On va à Morlaix récuperer le matériel nécessaire pour réparer la pompe des WC. La délivrance est dans 70 nm (mille nautique). Si le vent se lève et que le courant est avec nous, il nous faudra environ 14h pour y arriver. Alors on prend le temps de bien manger pour nous donner des forces.

 

A 21h, on remonte l’ancre et on contourne l’île par l’Est. Manu prend le premier quart au moteur car le vent est trop faible. Pierre prend le relais à minuit. Une heure plus tard le vent se lève et s’établi force 6. On prend un ris sur la grande voile et 2 sur le genois pour stabiliser un peu le bateau. Le pilote automatique n’aime pas trop le près, alors on barre pour essayer de suivre au mieux notre cap.

 

Pour Mic, qui prend le quart suivant, c’est pas évident de surfer sur les vagues et de suivre le cap tellement il fait nuit. Il lui est même difficile de lire les appareils électroniques. Pour moi, qui prends le relais à 6h, c’est plus facile car au bout d’une heure le jour se lève et je peux anticiper les plus grosses vagues.

 

Le cap est difficile à tenir car le courant et le vent nous donne un peu de fil à retordre. Heureusement de temps en temps on se prend quelques bonnes grosses vagues sur la tête. C’est froid, c’est salé, c’est surprenant ça aide à bien rester concentré !

 

Il est maintenant 7h du matin, nous avons tous passé une nuit bien agitée. Et ce vent qui donne tout pour nous offrir un beau spectacle de houle, de vague et d’écume, s’acharne à venir du sud ouest, pile poil notre direction. Il nous reste encore 50 nm avant d’arriver à Morlaix et avec ce vent, on ne peut pas les faires en ligne droite. Alors avec le capitaine on décide de descendre en direction du sud au port de Lézardrieux. Un petit port breton dans la rivière du Trieux.  D’ici, Pierre prendra un bus pour rejoindre Morlaix et récupérer notre trésor !

 

Plus que 15 nm et on sera à l’abri du vent. Ca c’est ce que l’on croit ! C’est sans compter sur la puissance des courants bretons ! Le capitaine a oublié cette donnée capitale. On s’est donc retrouvé à revenir sur nos pas, la proue pointant pourtant vers le sud ! Ce n’est qu’à marée montante que le courant nous a permis de prendre enfin la direction de Lézardrieux où nous sommes arrivés affamés, épuisés mais plus intelligents !

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Sark, ou Sercq pour les francophones.

A 19h, le Petit Prince est arrivé à l’île de Sark. Une fois amarré à la bouée visiteur on est directement descendu boire l’apéro à la plage. C’est bon de profiter de la vue sur Petit Prince, il est si beau ! Cette nuit on était au mouillage dans la Bay juste en dessous de « La Ville Roussel ». Comme il y a plein de rochers partout, l’arrivée était un peu tricky. Mais contrairement à la première nuit à Alderney, on a passé une nuit très tranquille protégé par ce qui nous a compliqué l’arrivée.

 

Après une bonne nuit de repos et quelques instructions sur l’endroit où on se trouve, tout l’équipage du Petit Prince s’est mis dans l’annexe pour aller visiter cette petite île pleine de charme. Une fois trouvé une place sûre pour l’annexe à la plage, on a commencé par une ascension d’environ 200m en zigzag dans un environnement humide et plutôt chaud ; on se croyait presque dans la jungle.

 

Arrivé en haut, on a traversé le petit centre ville avec des gens plutôt souriants et sympas. Et ça peut se comprendre, ici le calme règne. Les véhicules autorisés sont vos pieds, des calèches, des vélos et des tracteurs pour environ 600 habitants.

 

On se dirige ensuite vers la petite île de Sark qui est « séparée » de sa grande sœur par une petite route (2m20 de large) bien perchée en haut d’une falaise très étroite dont les déversants de chaque côté d’environ 100m peuvent donner le vertige. Une petite anecdote l’explique bien. En 1945 des prisonniers allemands ont construit cette route. Auparavant il n’y avait qu’un fin sentier et pas de barrières. Du coup, quand les enfants de la petite île de Sark allaient à l’école de l’autre côté, ils passaient à 4 pattes pour ne pas tomber ou se faire emporter par le vent souvent très fort.

 

A+

 

 

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On largue les amarres!

Jeudi 1 septembre 2016

 

 

Hier on s’est bien mis d’accord sur le fait qu’on avait tous hâte de larguer les amarres. Alors peu importe si c’est pétole, on sort de ce bassin où on est dépendant des humeurs des grévistes. Faut dire qu’on a appris le pourquoi du comment de la grève d’hier. Les éclusiers ont décidé de soutenir les copains grévistes qui étaient poursuivis pour avoir fait de la casse pendant les précédentes grèves. Bref dans ces conditions, dès qu’ils sont d’assez bon poil pour nous laisser passer, on y va.

 

Alors à 8h ce matin on était tous au taquet en attente que 9h sonne pour avoir la nouvelle que nous attendions tant. Et de fait à 9h le téléphone sonne : « on ouvrira les portes comme prévu à 9h35, avec un retard pouvant aller jusqu’à 9h50 » ! Ils gardent une certaine maitrise sur nos nerfs, mais nous on s’en fout, on part !

 

A l’heure prévue Pierre prend la barre, fait des ronds dans l’eau jusqu’à l’ouverture des portes et me passe le relais.  Les éclusiers sont quand même indulgents et nous ouvrent direct l’écluse de la voie de la liberté, pas besoin de s’amarrer de nouveau avant le grand plongeon dans la Baie de Seine ! Je navigue jusqu’à 13h30 avec un vent qui varie de 6 à 11 nœuds, c’est pas si mal pour une journée prévue pétole. En plus le courant est avec nous, alors on reste à la voile jusqu’à 1h du matin avec des vitesses qui varient de 1 à 6 nœuds.

 

Et la vie à bord commence à s’organiser. Si ce n’est que les écoulements d’eau tant au niveau de l’évier que des toilettes ont décidé de faire remonter l’eau plutôt que l’inverse. Alors retour aux vieilles méthodes : on vide l’évier à la casserole et on fait nos besoins dans un seau !

 

Les petits couacs de la vie quotidienne n’empêcheront pas le grand bonheur d’avoir enfin largué les amarres ! En route pour une nouvelle aventure.

 

Allez bon vent !

"Libérée, délivrée
Je ne mentirai plus jamais
Libérée, délivrée
C'est décidé, je m'en vais"

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2h30 avant le départ

Mercredi 31 Août 2016, 18h27

 

Jour du départ. On s’active depuis ce matin, il reste des courses à faire, notamment les produits frais. Et puis il y a toujours quelque chose qu’on a oublié ou quelque chose qu’il reste à faire avant un départ. On n’échappe pas à la règle, malgré les origines suisses-allemandes de mon chéri!

 

Fin de matinée, on retourne déposer nos achats au bateau. Au loin une étrange fumée noire s’élève dans le ciel bleu. Serait-ce un pétrolier qui prend feu ? Après tout il y a une raffinerie aux abords du Havre. De nombreux pétrioliers transitent par ce port.

 

Aucune idée, en tout cas il est midi et nous on a faim! On se dirige vers la plage du Havre dont la promenade est un alignement de restaurants. En chemin on prend quand même le temps de visiter l’impressionnante église Saint-Joseph. De l’extérieur on croirait un bâtiment de science-fiction. Cette église, presque aussi impressionnante qu’une cathédrale aurait sa place dans un Star Wars. Mais à l’intérieur, grâce aux nombreux vitraux et à une structure en béton tout aérée, tout est poésie.

 

Il est 15h33, j’appelle Manu pour qu’elle vienne m’ouvrir les portes du bassin Vauban. C’est là qu’est amarré Petit Prince en attendant le départ. Nous avons rendu les badges d’accès ce matin, quelqu’un doit donc nous ouvrir de l’intérieur. En allant rendre les badges à la capitainerie Manu apprend une bien mauvaise nouvelle, les salariés de la CIM sont en grève depuis ce matin. Ils risquent de ne pas nous ouvrir le pont qui nous donnerait accès à l’océan ce soir ! Ce sont eux qui faisaient bruler des pneus ce matin ! Et voilà, maintenant on sait le pourquoi du comment de cette grosse fumée noire, par contre on ne sait plus quand on part !

 

Il est 16h08, je me renseigne. Voilà des mois que les salariés de la CIM (Compagnie Industrielle Maritime) font régulièrement grève. Ces grèves sont des journées de lutte contre la loi travail (Loi El Khomri). Si vous voulez en savoir plus n’hésitez pas à aller fouiller sur le net, quand on parle de pétrole et de loi travail, il y a de nombreux articles et à chacun son opinion! En tout cas ce que je sais c’est qu’ils s’acharnent les p’tits gars, et qu’une veille de rentrée scolaire, c’est un bon jour pour faire grève.

 

Pour l’instant nous ce qu’on souhaite le plus c’est de partir ce soir. Parce que les bons vents ne seront pas toujours avec nous. C’est bien pour cela que le départ est prévu ce soir à 21h. Nous sommes à environ 70 miles de Cherbourg. En comptant sur une moyenne de 5 nœuds nous pourrions y être en 14h. Mais pour cela il faut du vent ! Et les prévisions annoncent une baisse de force dès demain.

 

Il est 18h03, Pierre rentre de sa dernière journée de travail. Il n’est pas content. Il a passé sa journée à appeler, voir harceler le port de plaisance. Rien à y faire, ce soir les portes du bassin Vauban n’ouvriront pas. Malheureusement pour nous, peu importe s’ils décident d’ouvrir demain. Le vent ne reviendra lui que dans deux ou trois jours !

 

Ciao et à bientôt, sur terre ou sur mer.

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La veille du départ

Mardi 30 août 2016, 9h37

 

Départ de la Lande d’airou direction le Havre à bord du super camping car parental!

Encore 2h de route avant d’embarquer sur le Petit Prince.

 

Déjà des mois qu’on attend ce départ, surtout depuis mai où l’on a passé 4 jours à bord du Petit Prince avec son capitaine Pierre, sa femme Manu et leurs deux enfants Corentin (5 ans) et Aurore (2 mois).

 

Aujourd’hui, 4 mois après, on est prêt et le voilier aussi. Pierre finit de travailler demain, mercredi 31, et, si les conditions s’y prêtent, on larguera les amarres dès le soir.

 

 

Paré pour une nouvelle aventure mon capitaine.

 

On s’embarque pour un périple de 4 mois jusqu’aux Antilles. Une première escale est prévue à Cherbourg, une deuxième sur les îles anglo-normandes pour faire le plein de gasoil, certainement à Guernesey. Ensuite il ne faut pas trop tarder pour traverser le Golfe de Gascogne afin de rester avec un vent arrière et une météo plutôt clémente. Donc on prendra certainement au plus vite la direction de la Galice .On devrait prendre ensuite du temps pour visiter l’Espagne et surtout le Portugal le long des côtes. Découvrir les petites îles et profiter des rares mouillages que l’on trouvera. Ensuite, une fois bien bronzé, et l’avitaillement refait, on repartira direction les îles de Madère et des Canaries. Le temps de visiter, de pécher et de profiter on reprendra la route vers ce magnifique archipel du Cap vert, berceau de Césaria Evora. Dernière étape avant la grande traversée jusqu’aux Antilles. Une traversée prévue fin novembre pour une durée d’environ 3 semaines.

 

Voilà pour le moment un aperçu de notre trajet à bord du Petit Prince.

 

Ciao et à bientôt.

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Petit prince

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